Cours de Terminale STI2D sur le logarithme népérien et décimal : propriétés algébriques, dérivée, variations, résolution d'équations exponentielles, échelles décibels et pH. Exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Terminale STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
En technologie, beaucoup de grandeurs se mesurent sur des échelles en puissances de 10 : le niveau sonore en décibels, l’acidité d’une solution en pH, la magnitude d’un signal. D’autres décroissent de façon exponentielle : la tension aux bornes d’un condensateur qui se décharge, la température d’une pièce qui refroidit, l’amplitude d’un signal qui s’atténue. Le point commun ? Pour revenir à l’exposant, c’est-à-dire pour résoudre une équation où l’inconnue est en puissance, on a besoin de la fonction logarithme. C’est la touche ln (ou log) de ta calculatrice, et l’outil réciproque de l’exponentielle.
Mes objectifs sur ce chapitre
À la fin de ce chapitre, je sais :
reconnaître que ln et la fonction exponentielle sont réciproques l’une de l’autre ;
utiliser les propriétés algébriques du logarithme (produit, quotient, puissance) ;
distinguer le logarithme népérienln (base e) du logarithme décimallog (base 10) ;
connaître la dérivée de ln et en déduire ses variations ;
résoudre une équation exponentielle (du type ax=b ou ekx=b) à l’aide du logarithme ;
exploiter une échelle logarithmique : niveau sonore en décibels, pH, demi-vie.
À quoi ça sert, concrètement ?
Imagine un condensateur qui se décharge : sa tension suit une loi u(t)=Ee−t/τ. Tu sais répondre à « quelle tension après 2 s ? » en calculant une exponentielle. Mais la vraie question d’un technicien, c’est souvent l’inverse : « au bout de combien de temps la tension descend-elle sous 1 V ? ». Là, l’inconnue t est dans l’exposant - et c’est le logarithme qui va l’en faire sortir.
Même histoire pour : « combien de bits faut-il pour coder 1000 valeurs ? » (2n≥1000), « de combien augmente le niveau sonore si l’intensité est multipliée par 10 ? », « quelle est la demi-vie d’une source dans un capteur ? ». À chaque fois, le logarithme est la clé qui ouvre l’exposant.
1. Le logarithme népérien
Logarithme népérien
La fonction logarithme népérien, notée ln, est définie sur l’intervalle ]0;+∞[. C’est la fonction réciproque de la fonction exponentielle : elle « annule » l’exponentielle.
Pour tout réel x>0 et tout réel y :
ln(x)=y⟺x=ey.
Autrement dit, ln(x) est l’exposant qu’il faut donner à e pour retrouver x.
Logarithme et exponentielle s'annulent
Comme ln et exp sont réciproques, elles se simplifient quand on les enchaîne :
ln(ex)=x(pour tout reˊel x)eteln(x)=x(pour tout x>0).
C’est exactement ce mécanisme qui permet de sortir l’inconnue d’un exposant.
Valeurs et signe à connaître
ln(1)=0 : l’exposant qui donne e0=1 est bien 0.
ln(e)=1 : car e1=e.
ln(x)<0 lorsque 0<x<1, et ln(x)>0 lorsque x>1.
ln n’est définie que pour x>0 : on ne peut pas calculer le logarithme de 0 ni d’un nombre négatif.
2. Propriétés algébriques
C’est le cœur du chapitre : le logarithme transforme les multiplications en additions. C’est ce qui rend les échelles logarithmiques si pratiques.
Les règles de calcul du logarithme
Pour tous réels a>0 et b>0, et tout entier n :
ln(a×b)=ln(a)+ln(b)(produit)
ln(ba)=ln(a)−ln(b)(quotient)
ln(an)=n×ln(a)(puissance)
Cas particuliers utiles : ln(b1)=−ln(b) et ln(a)=21ln(a).
Manipuler les propriétés
ln(15)=ln(3×5)=ln(3)+ln(5).
ln(8)=ln(23)=3ln(2).
ln(e1)=ln(1)−ln(e)=0−1=−1.
ln(e5)=5 (on enchaîne ln et exp).
La propriété de la puissance est la plus précieuse : c’est elle qui fait « descendre » l’exposant devant le logarithme, et donc qui permet de l’isoler.
Le piège du logarithme d'une somme
FAUX : « ln(a+b)=ln(a)+ln(b) ».
VRAI : c’est le logarithme d’un produit qui se sépare en somme : ln(a×b)=ln(a)+ln(b). Le logarithme d’une somme ne se simplifie pas : ln(a+b) reste ln(a+b).
Vérifie sur un exemple : ln(2+8)=ln(10)≈2,30, alors que ln(2)+ln(8)≈0,69+2,08=2,77. Les deux ne sont pas égaux. Le logarithme transforme les multiplications (pas les additions) en additions.
3. Dérivée et variations
Dérivée du logarithme népérien
La fonction ln est dérivable sur ]0;+∞[ et :
(ln(x))′=x1.
Plus généralement, si u est une fonction strictement positive et dérivable, alors (ln(u))′=uu′.
Variations de la fonction logarithme
Sur ]0;+∞[, la dérivée x1 est toujours strictement positive. Donc :
la fonction ln est strictement croissante sur ]0;+∞[.
Conséquence très utile : comme ln conserve l’ordre, pour deux nombres strictement positifs a et b,
a<b⟺ln(a)<ln(b).
C’est ce qui autorise à « prendre le logarithme des deux côtés » d’une inégalité sans changer son sens.
Dériver une expression avec un logarithme
Soit f(x)=3ln(x)−x sur ]0;+∞[.
On dérive terme par terme : la dérivée de 3ln(x) est 3×x1=x3, et la dérivée de −x est −1. Donc
f′(x)=x3−1=x3−x.
Comme x>0, le signe de f′(x) est celui de 3−x : positif pour x<3, négatif pour x>3. La fonction f admet donc un maximum en x=3.
4. Le logarithme décimal
Logarithme décimal
Le logarithme décimal, noté log, est le logarithme réglé sur la base 10. Il est défini pour x>0 par :
log(x)=ln(10)ln(x).
Il est conçu pour les puissances de 10, ce qui le rend idéal en sciences physiques et en technologie.
Le logarithme décimal compte les puissances de 10
Pour tout entier n : log(10n)=n. En particulier :
x
0,01
0,1
1
10
100
1000
log(x)
−2
−1
0
1
2
3
Le logarithme décimal possède les mêmes propriétés algébriques que ln (produit, quotient, puissance). Sa dérivée est (log(x))′=xln(10)1.
Retiens surtout : multiplier x par 10 ajoute 1 au logarithme, multiplier par 100 ajoute 2, etc.
5. Résoudre une équation exponentielle
C’est l’application reine du logarithme : faire descendre l’inconnue de l’exposant.
Résoudre une équation du type a puissance x ou e puissance kx
Isoler la puissance d’un côté de l’égalité (la mettre seule).
Appliquer le logarithme (ln ou log) aux deux membres.
Utiliser la propriété de la puissance pour faire descendre l’exposant : ln(ax)=xln(a) ou ln(ekx)=kx.
Isoler l’inconnue par une division (par ln(a) ou par k).
Calculer la valeur (avec la calculatrice) et vérifier l’ordre de grandeur.
Résoudre 2 puissance x égale 50
On veut résoudre 2x=50.
On applique le logarithme décimal aux deux membres (qui sont positifs) :
log(2x)=log(50)⟹xlog(2)=log(50).
On isole x en divisant par log(2), qui est positif :
x=log(2)log(50)≈0,3011,699≈5,64.
Vérification d’ordre de grandeur : 25=32 et 26=64, donc une solution entre 5 et 6 est cohérente.
Résoudre une équation avec e (décharge)
La tension d’un condensateur qui se décharge vaut u(t)=5e−t (en V, avec t en s). À quel instant atteint-elle 1 V ?
On résout 5e−t=1. On isole l’exponentielle : e−t=51=0,2. On applique ln :
ln(e−t)=ln(0,2)⟹−t=ln(0,2)⟹t=−ln(0,2)=ln(5)≈1,61 s.
(On a utilisé ln(0,2)=ln(51)=−ln(5).)
Le piège du sens de l'inégalité quand on divise
FAUX : « je passe au logarithme dans 0,2x≤0,1, donc x≤log(0,2)log(0,1) ».
VRAI : appliquer le logarithme conserve le sens de l’inégalité (car log est croissante) : xlog(0,2)≤log(0,1). Mais ici log(0,2) est négatif (car 0,2<1) : en divisant par un nombre négatif, on inverse le sens de l’inégalité. On obtient donc x≥log(0,2)log(0,1).
Le réflexe : avant de diviser par ln(a) ou log(a), regarde son signe. S’il est négatif (base entre 0 et 1), l’inégalité change de sens.
6. Échelles logarithmiques
Quand une grandeur varie sur plusieurs ordres de grandeur, on l’écrase sur une échelle logarithmique : chaque pas correspond à une multiplication, pas à une addition.
Niveau sonore en décibels
Le niveau sonoreL (en décibels, dB) associé à une intensité acoustique I (en W/m2) est :
Conséquence directe : multiplier l’intensité par 10 ajoute 10 dB ; la multiplier par 100 ajoute 20 dB. C’est pour cela qu’un bruit « deux fois plus fort » à l’oreille correspond en réalité à une intensité bien plus que doublée.
Échelle de pH
Le pH d’une solution mesure la concentration en ions H3O+ (en mol/L) :
pH=−log([H3O+]).
Le signe « moins » fait qu’une solution plus acide (concentration plus grande) a un pH plus petit. Et comme c’est un logarithme décimal : multiplier la concentration par 10 fait baisser le pH de 1 ; la multiplier par 100 fait baisser le pH de 2.
Le réflexe des échelles logarithmiques
Sur une échelle logarithmique (dB, pH, magnitude), un écart additif correspond à un facteur multiplicatif. Pour retrouver le facteur, repère à quelle puissance de 10 correspond l’écart :
+1 en log⟺ facteur 10 ;
+2 en log⟺ facteur 100 ;
+3 en log⟺ facteur 1000.
Et inversement, un facteur 10k se traduit par un écart de k unités logarithmiques.
Demi-vie d'un phénomène exponentiel décroissant
Une grandeur qui décroît exponentiellement s’écrit N(t)=N0e−λt (avec λ>0). Sa demi-viet1/2 est le temps au bout duquel elle est divisée par 2. On la trouve avec le logarithme :
2N0=N0e−λt1/2⟹e−λt1/2=21⟹t1/2=λln(2).
La demi-vie ne dépend pas de la valeur de départ N0 : c’est une caractéristique du phénomène (source, signal, refroidissement).
Mémo : faire descendre l'exposant
Dès qu’une inconnue se trouve dans un exposant, le plan est toujours le même :
isoler la puissance (ou l’exponentielle) ;
appliquer ln (ou log) des deux côtés ;
la propriété de la puissance fait descendre l’exposant devant le logarithme ;
on isole l’inconnue par une division - en surveillant le signe du logarithme de la base.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Quelle est la différence entre logarithme népérien et logarithme décimal ?
Le logarithme népérien, noté ln, est la fonction réciproque de l'exponentielle de base e : ln de e égale 1. Le logarithme décimal, noté log, est lui réglé sur la base 10 : log de 10 égale 1, log de 100 égale 2, log de 1000 égale 3. On l'utilise pour les échelles en puissances de 10 comme les décibels ou le pH. Les deux sont proportionnels : log de x égale ln de x divisé par ln de 10.
Comment résoudre une équation du type 2 puissance n est supérieur ou égal à 1000 ?
On applique le logarithme aux deux membres, car la fonction logarithme est strictement croissante et conserve donc l'ordre. On obtient n multiplié par log de 2 supérieur ou égal à log de 1000, puis on isole n en divisant par log de 2, qui est positif. On trouve n supérieur ou égal à environ 9,97, donc le plus petit entier qui convient est 10.
Quelle est la dérivée de la fonction logarithme népérien ?
La dérivée de ln de x est 1 divisé par x, pour x strictement positif. Comme 1 divisé par x est toujours positif sur cet intervalle, la fonction ln est strictement croissante sur l'ensemble des nombres strictement positifs. Pour le logarithme décimal, la dérivée de log de x est 1 divisé par x multiplié par ln de 10.