Cours de Première STMG sur la variable aléatoire : loi de probabilité, espérance, variance, écart-type et loi de Bernoulli. Contexte gestion et exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Première STMG - programme commun technologique 2026 (BO 2 avril 2026) · Mis à jour en juin 2026
En gestion, beaucoup de situations ont un résultat incertain : une commande sera-t-elle rentable ? une vente aboutira-t-elle ? une opération promotionnelle rapportera-t-elle de l’argent ? La variable aléatoire est l’outil qui permet de mettre un nombre sur chaque résultat possible, puis de calculer un gain moyen attendu grâce à l’espérance. Quand il n’y a que deux issues, succès ou échec, on utilise un modèle simple et très courant : la loi de Bernoulli.
Ce que tu sauras faire
Je sais reconnaître une variable aléatoireX et dresser sa loi de probabilité dans un tableau.
Je sais vérifier que la somme des probabilités vaut 1.
Je sais calculer l’espéranceE(X)=∑xipi et l’interpréter comme une valeur (ou un gain) moyen attendu.
Je sais calculer la varianceV(X) et l’écart-typeσ(X).
Je sais reconnaître une épreuve de Bernoulli et utiliser la loi de Bernoulli de paramètre p, avec E(X)=p et V(X)=p(1−p).
À quoi ça sert ?
Imagine que tu diriges un magasin. Tu lances une opération promotionnelle : selon le résultat, tu peux gagner ou perdre de l’argent. Tu ne connais pas le résultat à l’avance, mais tu connais les probabilités. L’espérance te répond à une question essentielle de gestion : « en moyenne, par opération, est-ce que je gagne ou je perds ? ». L’écart-type te dit si le résultat est régulier ou très variable d’une fois sur l’autre. Et quand tu suis une vente, qui aboutit ou non, la loi de Bernoulli modélise directement ce succès ou échec.
Variable aléatoire et loi de probabilité
Variable aléatoire
Une variable aléatoireX associe un nombre réel à chaque résultat d’une expérience aléatoire. Les valeurs que X peut prendre sont notées x1,x2,…,xn. Par exemple, si on tire une commande au hasard, on peut associer à chaque commande le bénéfice réalisé en euros : ce bénéfice est une variable aléatoire.
Loi de probabilité
La loi de probabilité de X donne, pour chaque valeur possible xi, la probabilitépi=P(X=xi) de l’obtenir. On la présente dans un tableau :
xi
x1
x2
…
xn
pi
p1
p2
…
pn
Les probabilités sont toujours comprises entre 0 et 1, et leur somme vaut 1 :
p1+p2+⋯+pn=∑pi=1
Dresser la loi de probabilité
Identifier toutes les valeursxi que la variable peut prendre.
Calculer la probabilitépi de chaque valeur (souvent un rapport « cas favorables sur cas possibles »).
Reporter les couples (xi;pi) dans un tableau.
Vérifier que ∑pi=1 : si la somme ne fait pas 1, il y a une erreur.
Espérance
Espérance d'une variable aléatoire
L’espérance de X se calcule en multipliant chaque valeur par sa probabilité, puis en additionnant tous les produits :
E(X)=x1p1+x2p2+⋯+xnpn=∑xipi
C’est la valeur moyenne attendue de X si on répétait l’expérience un très grand nombre de fois.
Interpréter l'espérance comme un gain moyen
Une boutique propose une carte de fidélité. Sur chaque carte vendue, le gain X (en euros) pour la boutique vaut 5 avec une probabilité de 0,7, et −2 avec une probabilité de 0,3 (frais offerts). Alors :
E(X)=5×0,7+(−2)×0,3=3,5−0,6=2,9
En moyenne, chaque carte rapporte 2,9 euros à la boutique. Comme l’espérance est positive, l’opération est en moyenne rentable.
Lire le signe de l'espérance (gestion)
Quand X représente un gain en euros :
si E(X)>0, l’opération est en moyenne gagnante (bénéfice moyen par opération) ;
si E(X)<0, l’opération est en moyenne perdante (perte moyenne par opération) ;
si E(X)=0, l’opération est équilibrée en moyenne (on appelle cela un jeu équitable).
L’espérance ne dit pas ce qui arrivera une fois donnée : elle décrit le comportement moyen sur un grand nombre d’opérations.
Variance et écart-type
Variance et écart-type
La variance mesure la dispersion des valeurs de Xautour de l’espérance. On la calcule avec :
V(X)=∑pi(xi−E(X))2
L’écart-type est la racine carrée de la variance :
σ(X)=V(X)
Plus σ(X) est petit, plus les résultats sont réguliers (resserrés autour de la moyenne) ; plus il est grand, plus ils sont variables.
Calculer la variance puis l'écart-type
Calculer d’abord l’espéranceE(X).
Pour chaque valeur, calculer l’écart à l’espérancexi−E(X), puis l’élever au carré.
Multiplier chaque carré par sa probabilité pi et additionner : on obtient V(X).
Prendre la racine carrée de V(X) pour obtenir σ(X).
L’écart-type s’exprime dans la même unité que X (par exemple en euros), ce qui le rend plus facile à interpréter que la variance.
Épreuve et loi de Bernoulli
Épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire qui n’a que deux issues :
le succès, de probabilité p ;
l’échec, de probabilité 1−p.
Exemples en gestion : une vente aboutit ou non, un produit livré est conforme ou non, un client renouvelle son abonnement ou non.
Loi de Bernoulli de paramètre p
À une épreuve de Bernoulli, on associe la variable aléatoire X qui vaut :
1 en cas de succès (probabilité p) ;
0 en cas d’échec (probabilité 1−p).
On dit alors que X suit la loi de Bernoulli de paramètre p. Sa loi de probabilité est :
xi
0
1
pi
1−p
p
Espérance et variance de la loi de Bernoulli
Si X suit la loi de Bernoulli de paramètre p, alors :
E(X)=petV(X)=p(1−p)
On retrouve l’espérance par le calcul direct :
E(X)=0×(1−p)+1×p=p
L’écart-type vaut donc σ(X)=p(1−p).
Une vente comme épreuve de Bernoulli
Un commercial conclut une vente avec une probabilité p=0,4. On note X=1 si la vente aboutit, X=0 sinon : X suit la loi de Bernoulli de paramètre 0,4. Alors :
E(X)=p=0,4V(X)=p(1−p)=0,4×0,6=0,24
L’espérance 0,4 s’interprète comme la proportion moyenne de ventes réussies : sur un grand nombre de contacts, environ 40% aboutissent.
Repérer une situation de Bernoulli
Pose-toi une seule question : « y a-t-il exactement deux issues ? » Si la réponse est oui (réussi ou raté, conforme ou non, oui ou non), tu es face à une épreuve de Bernoulli. Il te suffit alors d’identifier p (la probabilité du succès) pour connaître aussitôt E(X)=p et V(X)=p(1−p), sans refaire tout le calcul.
Les pièges classiques
FAUX : croire que l’espérance est forcément une valeur que X peut prendre. VRAI : E(X) est une moyenne ; elle peut tomber « entre » les valeurs possibles (par exemple E(X)=2,9).
FAUX : oublier de vérifier que ∑pi=1. VRAI : la somme des probabilités d’une loi vaut toujours 1 ; sinon le tableau est faux.
FAUX : prendre la variance comme racine de l’écart-type. VRAI : c’est l’inverse, σ(X)=V(X).
FAUX : pour une loi de Bernoulli, écrire V(X)=p. VRAI : E(X)=p mais V(X)=p(1−p).
FAUX : oublier les valeurs négatives dans le calcul de l’espérance d’un gain. VRAI : une perte compte comme une valeur négative (par exemple −2) dans ∑xipi.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Qu'est-ce qu'une variable aléatoire en première STMG ?
Une variable aléatoire est une fonction qui associe un nombre réel à chaque résultat possible d'une expérience aléatoire. Par exemple, si on tire une commande au hasard, on peut lui associer le bénéfice réalisé en euros : ce bénéfice est une variable aléatoire, souvent notée X. Sa loi de probabilité est le tableau qui donne, pour chaque valeur possible, la probabilité de l'obtenir. La somme de toutes ces probabilités vaut toujours 1.
Comment interpréter l'espérance d'une variable aléatoire ?
L'espérance de X, notée E de X, se calcule en multipliant chaque valeur possible par sa probabilité, puis en additionnant tous ces produits. Elle représente la valeur moyenne attendue si on répétait l'expérience un très grand nombre de fois. En gestion, quand X est un gain en euros, l'espérance est le gain moyen attendu par opération : si elle est positive, l'opération est en moyenne rentable ; si elle est négative, elle est en moyenne perdante.
Qu'est-ce que la loi de Bernoulli et quand l'utilise-t-on ?
On utilise la loi de Bernoulli quand une expérience n'a que deux issues, appelées succès et échec. On note p la probabilité du succès, donc 1 moins p celle de l'échec. La variable aléatoire vaut 1 en cas de succès et 0 en cas d'échec : elle suit alors une loi de Bernoulli de paramètre p. Son espérance vaut p et sa variance vaut p multiplié par 1 moins p. C'est le modèle de base pour décrire la réussite ou l'échec d'une vente, d'un contrôle ou d'une livraison.